CADRAGE HUMAIN ET GÉOGRAPHIQUE.

Cette section est tiré du Rapport Fortin " stratégie de développement touristique du Lac Champlain " juin 2004. Le matériel utilisé par monsieur Fortin se retrouve dans volume publié en 2000 " Hier, aujourd’hui et demain  1950-2000 ". Des exemplaires sont disponibles à la municipalité de Venise-en-Québec.

"Il y a 6000 ans, la mer de Champlain se retire et laisse derrière elle le Lac Champlain. On estime qu’entre 2 400 et 1 500 ans avant aujourd’hui, des groupes d’Amérindiens parcouraient la région du Lac Champlain et du Richelieu pour y chasser, pêcher et cueillir leur subsistance. Aussi, 3 groupes culturels parcouraient la région. Les Iroquois (du St-Laurent via le Richelieu), les Abénakis (par l’Est) et les Mohawks (par le sud via la rivière Richelieu et le Lac Georges). Les Amérindiens furent ainsi les premiers êtres humains à voyager sur la Rivière Richelieu allant du Lac Champlain au St-Laurent.

En 1603, le Sieur de Champlain arrive à Québec et le 20 juillet 1609, il atteint le Lac Champlain.

Les premiers colons s’installent dans les environs à partir de 1785 et forment officiellement les villages de Clarenceville (1845), Noyan sous le nom de Foucault (1845), Henryville (1845), Philipsburg (1846), Saint-Sébastien (1865), Bedford (1890). L’agriculture s’étend autour de la baie vers 1830.

Le premier hôtel de la région, le Wheeler’s Inn, est la propriété de la famille Wheeler et date de 1815. Il offrait aux voyageurs venus des Etats-Unis, par la route de Boston, le gîte et le changement de chevaux.

Vers 1832, la famille Jameson possède 200 acres de terre de la Pointe Jameson, qui conservera cette appellation, et qui n’était qu’un vaste champ de foin. L’agriculture était la base de l’économie locale.

Les premières résidences estivales ou chalets furent construits dans les années 1920-30. Dans les années ’30, la Baie Missisquoi du Lac Champlain attire un nombre sans cesse croissant de gens fortunés qui fréquentent les hôtels. En 1939, on compte déjà 325 maisons et chalets.

L’engouement pour la Baie est énorme vers 1940. On compte 2 000 véhicules par jour, ce qui permettra à la région d’avoir un rayonnement qui le fixera dans l’imaginaire de plusieurs générations. En 1950, le long de la Pointe Jameson se multiplient les petits chalets. Ainsi pendant près de 40 ans, Venise-en-Québec sera un des hauts lieux récréatifs du Québec de cette époque.

Les activités pratiquées sont la plage, les jeux et le pédalo. Un transport régulier d’autobus du " Provincial Transport " assure la liaison, plusieurs fois par jour, entre la Baie et Montréal. Des groupes organisés prennent d’assaut les plages pour un dépaysement complet et, pour quelques heures, on oublie la ville.

Dans les années 1970, on annonce les plages et, le camping se développe peu à peu. Une dizaine de campings verront le jour et les gens qui viennent, achètent leurs biens et services sur place, ce qui fera surgir de nombreux commerces comme des hôtels, restaurants, etc. Ce sont eux qui ont permis à la municipalité de se développer.

Pour plusieurs, la vraie vie résidait à Venise loin du stress de la ville.

Le commerce de la pêche sur la glace commencera vers 1962. Le Lac n’est souvent assez gelé qu’à la mi-janvier pour y apporter les cabines multicolores peintes aux couleurs préférées des utilisateurs. Les années 1930 à 1970 furent les meilleurs pour la pêche.

La Baie Missisquoi fut renommée pour ses plages, mais aussi pour ses grands hôtels, ses orchestres, ses pistes de danse et ses spectacles. Venise connut alors ses années folles. Les premiers hôtels datent des année 30, si on fait exception du Wheeler’s Inn. Il y eut aussi le New Lake View , le prédécesseur du Château Blanc et de l’Hôtel Venise. Durant près de vingt ans, le Château Blanc attirera jusqu’à 1000 personnes par soir.

La région s’est ensuite transformée et les habitudes et modes de vie de l’époque ont disparu. Les lieux d’attraction récréotouristique se sont déplacées, se sont transformés ou ont complètement disparu en raison de nombreux facteurs. Trois hôtels ont disparu dont un a été dévasté par un incendie. "

La population située à proximité du Lac Champlain compte près de 10 000 personnes localisées dans les cinq municipalités suivantes :

    • Venise-en-Québec
    • Saint-Georges de Clarenceville
    • Saint-Sébastien
    • Saint-Pierre-de-Véronne-à-Pike-River
    • Saint-Armand (Philipsburg).

De ces 5 municipalités, les 3 premières se retrouvent dans la MRC du Haut-Richelieu alors que les 2 autres font partie du territoire de la MRC Brome-Missisquoi.

Parmi ces 5 municipalités, 4 ont un territoire en façade des rives de la Baie Missisquoi du Lac Champlain. Seule la municipalité de Saint-Sébastien n’est pas située directement sur les rives du Lac, mais elle est la porte d’entrée du pôle touristique pour ceux qui accèdent par la route 227 en provenance de Saint-Jean-sur-Richelieu par l’autoroute 35 et la route 133.

Ces 5 municipalités sont situées à proprement parler à l’extérieur des grands corridors de circulation et de transport routier du Québec, puisque aucune autoroute ou route nationale ne traverse leur territoire. Cependant, la route interrégionale 202 et la route régionale 227 traversent son territoire et assurent son raccord à 2 corridors routiers stratégiques, soit le corridor Montréal-Boston (autoroute 35 et route 133), soit le corridor Montréal-New-York (autoroute 15).

La région du Lac Champlain est donc relativement bien reliée à la région métropolitaine de Montréal et aux villes de la vallée du Richelieu, elle est à moins d’une heure, c’est-à-dire à 45 minutes du plus important bassin de population du Québec et à peine 20 minutes de la plus importante porte d’entrée du Québec, soit Lacolle.